Samedi matin, la veille je viens d'encaisser une soirée dégustation avec un délégation d'amateurs allemands qui bossent chez Airbus à Toulouse, là retour sur Versailles 7h du mat j'ouvre un oeil et je vois qu'il fait beau, en trente minutes je suis dans la voiture le coffre chargé de caisses et direction Place du marché St Louis. ça je l'ai jamais fait mais il faut bien une première à tout, alors là pas de complexe il faut vendre. Mais attention t'es à Versailles quartier St Louis, pas de raccolage, quartier des "pauvres" un peu comme à l'île de Ré, ceux qui ont 3 hectares face mer et qui vivent chichement. Donc pas facile, sus aux endives et autres courgettes, la gariguette est en bonne place mais rien pour l'accompagner...mon Cabardès ne prend pas, c'est pas comme hier où les allemands sont repartis les coffres des Mercedes pleins, prêts à picoler (non plutôt à déguster tout le week-end) pas d'effet Sarko sur les bords du Rhin. Ici, c'est différent, tu vends une bouteille à un Monsieur et sa Dame le sermonne toute l'après-midi, là c'est l'expression "vin de garde" qui prime, ta bouteille tu te la garde. Vers onze heures, mon frangin me rejoint et c'est mieux : depuis que je lis l'Equipe, mes pôtes de quartier viennent et relève la moyenne, pour la plupart des mecs du sud (là on sait vivre!). A 13h je remballe non sans avoir tapé la causette à Georges mon coiffeur qui apprécie les vins Portugais, aux maraîchers d'à côté avec qui j'ai fait du troc, à la fleuriste qui a daigné me faire 2 euros de remise pour un bouquet à Laure (faut bien exprimer sa gratitude d'avoir pu glander toute une matinée au soleil devant une quinzaine de bouteilles). Bon, résultat des courses : 200 € de chiffre pour 4,90 € de place.
Quelques conseils suite à mon expérience : pour faire un marché, installez-vous tranquillement et confortablement, faites déguster, assurez-vous de la présence d'un boucher si vous vendez du rouge, si vous le faites à Versailles vendez plutôt du Bordeaux à moins de 3 €, ne le faites pas en même temps que le vide-grenier.....etc...etc
Le cépage Marselan, plus de 40 ans après sa mise au point dans les laboratoires de l'INRA Pech Rouge à Gruissan, est autorisé pour l'élaboration de vins de pays d'Oc. Ainsi en a décidé l'assemblée générale du syndicat. Cette dernière a également autorisé la vinification en rouge du cinsault, jusqu'ici limitée au rosé. Il faut savoir qu'en 2005 un des moteurs de la croissance des ventes de vins de cépages en France est le cinsault rosé. Sur ce marché, le segment des rosés est dynamique. Autre constat : on note un fort développement des ventes de vins de cépages conditionnés en bib. Autre info : une bouteille sur deux est vendue en linéaires (Ventes directes et cavistes 9%, Grandes et moyennes surfaces 36%, CHR et bars à vins 40%, discounters 15%).
Cépages mis en terre de greffes boutures en 2005 : chiffres en millions de plants
1er: Syrah 2ème: Merlot 3ème: Cabernet Sauvignon 5ème: Grenache 9ème: Cabernet franc 12ème: Marselan (avec 3,5 millions contre 2,9 en 2004 soit une progression des plantations en France de 20,6% ! soit la 2ème meilleure progression du top 15) 22ème: Cinsault / sur une sélection de 84 cépages.
Nous avons donc sur Château Rayssac cinq cépages en AOC dans les 10 cépages les plus plantés en 2005.
A la prochaine pour de nouvelles brèves (je crois que c'est comme ça qu'on dit).
Bonsoir, extrait du "Paysan du Midi" du vendredi 5 mai 2006, dont je vous fais les Echos :
"Dans la série des adjuvants destinés à bonifier le vin - ou à masquer ses défauts -, les copeaux de chêne lui apportent sous la forme d'une décoction des notes ligneuses et vanillées, mais sans lui procurer la micro-oxygénation naturelle résultant de la porosité du bois. La mise en barrique systématique aboutit aussi à un formatage univoque et à des déviations organoleptiques : fruits masqués, goût de planche...Les copeaux agissent rapidement sur des vins à boire jeunes; il ne permettent pas des vins de garde. Selon des chiffres avérés, moins de 10% des vins en France et guère plus de 3% dans le reste du monde passent en barrique."
Bonjour, 20 mai, on se prépare à partir chez Lio dans le Nord (le Pôle Nord pour les enfants qui demandent si il y aura des pingouins...)
Le consommateur veut des repères clairs bien loin des dicours élitistes, du langage codé qui le stressent et lui donnent "un complexe d'infériorité". Au restaurant, la moitié des clients trouvent les vins trop chers. Les prix ont atteint un niveau limite d'acceptabilité pour nos clients de l'ordre de 27 € la bouteille. Certains restaurants proposent avec succès les vins avec une marge fixe réduite de 8 €. Les grossistes, les cashs and carry, la restauration collective ou les chaines commerciales (cafétérias, Buffalo grill, groupe Flo...) ont des achats centralisés. Les cafés et les bars s'approvisionnent presque exclusivement chez les grossistes-entrepositaires (France Boissons, Elidis,...) qui leur livrent également les autres boissons. Les restaurants, bars à vins, brasseries indépendantes, s'adressent pour leurs achats essentiellement aux producteurs (via les agents, VRP ou en direct). Adapter sa gamme à la clientèle ciblée (restauration rapide, de bar, sur le pouce, exotique, traditionnelle, du monde, d'affaires, haut de gamme...). Les restaurateurs sont réticents à travailler avec les marques présentes en grande distribution. Ils préfèrent négocier avec leurs fournisseurs des étiquettes qui leur sont réservées. La raison est très simple : de cette façon, la comparaison avec le prix n'est pas possible.
Suite au prochain épisode (demain certainement)
Deuxième partie : Pour le prix de vente CHR, il doit tenir compte de la marge du restaurateur de manière à ce qu'il puisse appliquer son coefficient de 3 en moyenne, mais en réalité les coeff appliqués sont bien supérieurs. En fait le restaurateur doit pouvoir acheter les vins entre 10 et 15% moins cher qu'un particulier. Une plage de négociation de 10% est utile. Ils achètent des lots souvent inférieurs à 36 bouteilles pour lesquelles il faut prévoir des franco de port. Il est très important d'assurer un service de qualité : être réactif et capable de livrer en 48 ou 72 h max. Conseils pour démarcher : faites un tour dans la ville que vous pouvez livrer facilement, ciblez l'adresse qui bénéficiera de l'exclusivité de la cuvée, adressez-vous à la personne qui emporte la décision, prenez des rendez-vous en dehors des heures de service, reperez ce dont le restaurateur a besoin en fonction de sa carte et de sa clientèle, renseignez-vous sur le nombre de couverts, la façon dont il construit sa carte des vins, les prix moyens, les pratiques de vin au verre ou de bouteille du mois....Il faut pouvoir décrire son vin par 3-4 mots évocateurs qui vont donner envie au client du restaurateur de l'acheter. Par exemple pour notre Marselan rosé Chateau Rayssac millésime 2005 : rare, frais, notes florales, rubis. Vin d'accompagnement des repas d'été en terrasse, viandes blanches et desserts à base de fruits. Possibilité de service au verre car ce Marselan a un bonne tenue à l'ouverture. Pour le vin au verre, nous pourrons peut-être proposer un Bib adapté, à voir...
Ces restaurateurs indépendants cherchent l'originalité des vins (ce qui fait la force de nos produits en AOC Cabardès ou VDP d'Oc Marselan), la convivialité et la qualité du suivi des relations qu'ils entretiennent (mieux vaut avoir un seul établissement qui fait du chiffre et que l'on suit bien plutôt que plusieurs mal suivis). Le relationnel est très important (c'est ce qui fait la force et la réussite du vigneron indépendant), la qualité du service fait la valeur ajoutée (respect des délais et horaires de livraison, être réactif, tenir ses engagements...) C'est valable également pour vos meilleurs cavistes.
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